Température de la mer · Été 2026
2026, une année de tous les records pour la mer en Bretagne
De mars à juillet, 2026 aligne cinq records mensuels à Perros-Guirec, Saint-Malo et Carnac. À Bénodet, juillet se classe deuxième.
Mis à jour leAu 13 août, la surface atteint 20,8 °C près de Carnac et 19,7 °C près de Bénodet. Elle atteint 21,6 °C au Sillon et 18,7 °C à Trestraou. Les quatre valeurs restent supérieures à leur moyenne d’août. Sur les courbes quotidiennes comparables depuis 2018, la moyenne sur sept jours arrive au premier rang à Trestraou et au Sillon, au deuxième rang à Carnac et au troisième à Bénodet.
Le graphique compare les neuf derniers étés :
- Les courbes grises indiquent les températures de 2018 à 2025.
- La courbe orange indique les températures de 2026.
La courbe orange s’arrête au 13 août, dernière observation disponible.
Clique sur une courbe pour afficher une année précise. Tu peux aussi choisir entre mai–septembre et l’année entière.
Quatre villes côtières, des records partout
- De mars à mai : 2026 arrive au premier rang depuis 1982 dans les quatre villes.
- Juin : 2026 reste en tête à Perros-Guirec, Saint-Malo et Carnac. Bénodet arrive troisième, derrière 2023 et 2018.
- Juillet : Perros-Guirec, Saint-Malo et Carnac restent en tête. Bénodet arrive deuxième, derrière 2018.
| Ville | Février | Mars | Avril | Mai | Juin | Juillet |
|---|---|---|---|---|---|---|
| Perros-Guirec | 4e | 🥇 | 🥇 | 🥇 | 🥇 | 🥇 |
| Saint-Malo | 5e | 🥇 | 🥇 | 🥇 | 🥇 | 🥇 |
| Bénodet | 10e | 🥇 | 🥇 | 🥇 | 🥉 | 🥈 |
| Carnac | 9e | 🥇 | 🥇 | 🥇 | 🥇 | 🥇 |
Dans l’historique étudié depuis 1990, une série de cinq records mensuels d’affilée n’était arrivée qu’une fois parmi ces quatre villes : à Perros-Guirec, de janvier à mai 2007.
En 2026, Perros-Guirec égale donc sa plus longue série. Saint-Malo et Carnac atteignent cinq mois pour la première fois. À Bénodet, la série s’arrête à trois, de mars à mai.
En juin, jusqu’à 7,8 °C gagnés en seize jours
La montée est spectaculaire. Entre le 13 et le 26 juin, la surface gagne 4,3 °C à Trestraou et 4,4 °C au Sillon. Plus au sud, elle gagne 6,4 °C à Bénodet en treize jours et 7,8 °C à Carnac entre le 9 et le 25 juin.
Cette envolée coïncide avec la canicule du 17 au 30 juin. Météo-France classe juin 2026 au premier rang des mois de juin en France : +3,8 °C par rapport à 1991–2020 et +25 % d’ensoleillement. Sur la mer, juin bat son record mensuel dans trois des quatre villes côtières suivies.
Le Soleil chauffe la surface ; le vent, les vagues, les marées et les courants la brassent ou la refroidissent. Voilà pourquoi la hausse n’a pas la même amplitude partout — et pourquoi un coup de vent peut faire rapidement replonger une courbe.
Plus agréable pour se baigner, beaucoup moins pour le vivant
Pour les vacanciers, quelques degrés de plus rendent la baignade plus agréable. Pour certains organismes marins, ils signifient moins d’oxygène disponible et davantage d’énergie dépensée pour respirer, grandir ou se déplacer. Une espèce habituée aux eaux fraîches supporte donc moins facilement un épisode long.
Les poissons peuvent rejoindre une zone plus fraîche quand les courants et les fonds le permettent. Les moules, les huîtres et les autres organismes fixés aux rochers ne le peuvent pas. Ils restent exposés jusqu’à ce que l’eau refroidisse. Une chaleur longue ou répétée peut ralentir leur croissance et leur reproduction. Si elle dépasse leur tolérance, certains peuvent mourir.
Les forêts de laminaires sont particulièrement importantes sur les côtes rocheuses. Elles offrent un abri et une zone d’alimentation à de nombreux poissons et invertébrés. Dans l’Atlantique Nord, des chercheurs ont associé des vagues de chaleur répétées à l’effondrement de forêts situées près de la limite chaude de leur aire de répartition.
Quand les laminaires reculent, les animaux qui vivent entre leurs frondes perdent une partie de leur habitat. D’autres espèces, plus à l’aise dans une eau chaude, peuvent au contraire devenir plus présentes. Les espèces présentes et leur abondance peuvent donc changer, sans que toute vie disparaisse de la côte.
Le graphique de cet article montre seulement la température de surface. Il ne mesure ni l’oxygène, ni la chaleur en profondeur, ni l’état des populations. Pour connaître les effets réels de l’été 2026, il faut aussi des mesures dans l’eau et des observations de la faune et des algues. La courbe signale une chaleur durable ; elle ne suffit pas à dresser un bilan écologique.
Et maintenant ?
Au 13 août, les quatre courbes restent au-dessus de leur moyenne d’août, de +1,9 °C à Trestraou à +2,9 °C au Sillon. La suite dépend surtout du vent et du brassage côtier : l’océan peut vite perdre une partie de sa chaleur en surface, sans que l’épisode déjà observé disparaisse des records.
Pour comprendre pourquoi une plage peut se réchauffer ou se refroidir plus vite qu’une autre, lis aussi « Où l’eau est-elle la plus chaude en Bretagne — et pourquoi ? » L’article explique comment la profondeur, le brassage produit par les marées, le vent et les vagues, les courants et les remontées d’eau froide font varier la température de surface. Il montre aussi pourquoi les baies peu profondes chauffent souvent plus vite en été, tandis que l’Iroise reste davantage brassée.
Ici, sur Plages.bzh, le graphique est actualisé à mesure que les observations arrivent. La courbe orange montre où se situe 2026 par rapport aux huit étés précédents.
La bonne plage dépend aussi des conditions du jour
Sur Plages.bzh, retrouve pour chaque plage :
- la température de la mer ;
- les horaires et la hauteur des marées, ainsi que la distance de l’eau ;
- le vent, les plages abritées et les vagues ;
- la qualité des eaux de baignade et les règles pour les chiens ;
- les parkings et les accès.
Compare les conditions avant de partir et choisis la plage qui correspond vraiment à ta journée.
Voir les conditions plage par plageSources scientifiques et données
Les courbes 2018–2026 viennent du produit Copernicus Marine / Ifremer à haute résolution. La normale 1991–2020 est calculée avec la série réanalysée disponible depuis 1982, puis ajustée au niveau du produit récent par un décalage moyen propre à chaque plage, calculé sur les jours communs jugés valides.
Les classements mensuels depuis 1982 sont vérifiés avec NOAA OISST v2.1 à 0,25°. Ses températures ne sont pas affichées dans le graphique côtier. Pour juillet, NOAA avait publié les trente premières journées au moment de cette mise à jour. Les écarts avec les années précédentes, complétés par l’observation côtière du 31 juillet, suffisent à fixer les quatre rangs avant la publication de la moyenne NOAA définitive.
- Copernicus Marine / Ifremer — analyse SST opérationnelle à haute résolution, DOI 10.48670/moi-00152.
- Copernicus Marine / Ifremer — série SST réanalysée depuis 1982, DOI 10.48670/moi-00153.
- NOAA PSL — OISST v2.1, série climatique quotidienne et mensuelle depuis 1981.
- Météo-France — bilan climatique de juin 2026.
- NOAA Ocean Exploration — réchauffement de l’eau et baisse de l’oxygène disponible.
- Scientific Reports — vagues de chaleur et recul des forêts de laminaires de l’Atlantique Nord.
- Organisation météorologique mondiale — impacts observés des vagues de chaleur marines.